Rénovation : un isolant sous vide pour gagner en surface au sol

En passif, l’épaisseur traditionnelle pour isoler est de 30 cm. Ce qui pose problème avec une isolation par l’intérieur. Quand on veut rénover un appartement, il est difficile d’isoler par l’extérieur. Une solution est de faire appel à un système d’isolation thermique par l’intérieur à la résistance thermique très élevée. Notre expert, Stéphane Poggi, nous parle de l’Isovip Optima, composant qui promet des prouesses énergétiques.

Un enjeu pour les propriétaires : réduire la perte de surface habitable

En dehors d’une isolation par l’extérieur, l’isolation par l’intérieur reste la solution la plus probable pour gagner en surface au sol. Parfaitement connue des entreprises et maîtrisée, elle est cependant rarement mise en oeuvre. Stéphane Poggi, soulève la problématique de l’utilisation des isolants et leur consommation de surface par rapport à leur conductivité thermique. Selon lui,  la conductivité thermique des isolants classiques consomme 16 cm au sol :

– « Il faut compter 36 mW/m.K pour les fibres de bois, 35 pour la laine de roche, 30 pour les meilleures laines de verre actuelles, 28 pour les polystyrènes extrudés (XPS), 22 pour le polyuréthane (PUR et PIR). Pour obtenir une isolation thermique significative permettant d’atteindre une résistance thermique de paroi de l’ordre de 4 m².K/W, les isolants classiques consomment 16 cm au sol sur toute la longueur de la paroi. »

Quand en centre-ville parisien, dans les zones tendues, le m² se négocie entre 10 000 et 15 000 €. Ainsi, 0,16 m sur une paroi de 10 m de longueur, c’est 1,6 m² de surface au sol perdue. Pour lui, la perte est significative, en effet :

– « A peine acheté et rénové, un appartement perd donc immédiatement entre 16 000 et 24 000 € de valeur, à cause des travaux destinés à le rendre plus confortable et à réduire les consommations d’énergie. »

Tout ceci ramène le principal problème des propriétaires. Il y a là comme une contradiction, difficilement surmontable pour la quasi-totalité des acquéreurs. La solution envisagée par ces derniers revient à ne pas isoler leurs logements et vivre dans un lieu attractif, mais inconfortable et fort consommateur d’énergie pour le chauffage.

Une prouesse d’isolation thermique

Avec son isolant sous vide Isovip, Isover Saint-Gobain apporte une réponse technique à cette contradiction. Pour Stéphane Poggi, la performance possible du matériau est la réponse technique :

– « Grâce à son λ = 5,2 mW/m.K, certifié par l’Acermi (Association pour la CERtification des Matériaux Isolants) sous le n°15/018/1072, on atteint un R= 4,55 m².K/W pour une épaisseur de 31 mm seulement et jusqu’à R= 8,80 m².K/W en épaisseur 3+50+3 mm. »

L’explication de cette performance avec un très faible λ, réside dans la composition de cet isolant sous vide.

Il est fabriqué à partir d’une poudre très fine de silice amorphe, autrement dit du sable très pur. Cette poudre est chauffée, pressée en plaques, puis enveloppée d’un film polyester métallisé, avant d’être tirée au vide. Le film est thermoscellé afin de maintenir le vide dans la plaque tout au long de sa durée de vie, qui atteint 50 ans au moins. Enfin, les deux faces principales sont revêtues de 3 mm d’XPS pour la protection mécanique des panneaux. Les panneaux sont disponibles en 2 dimensions 600 x 300 et 600 x 1000 mm, avec 6 épaisseurs de cœur de panneau de 25 à 50 mm, auxquelles il faut ajouter les 2 protections en XPS (2 x3mm, 6 mm au total).

En cas de paroi percée

Dans la vie d’un logement, les occupants changent. Lorsqu’on atteint le second ou le troisième occupant après la réalisation d’une isolation thermique à base d’isolant sous vide, l’information peut être perdue et les nouveaux occupants ne plus être conscients que leur appartement comporte de l’isolant sous vide dans les parois.

Qu’arrive t-il alors en cas de paroi percée par un occupant ? Stéphane Poggi nous répond :

– » S’ils percent un trou à travers l’isolant, celui-ci perd son vide et son λ est ramené à celui du polyuréthane. Ce qui demeure très honorable. Mais avec les faibles épaisseurs de l’isolant sous vide, la résistance thermique de la paroi baisse significativement, s’il est percé. »

Un système rentable au service de la construction

Notre expert nous expose comment le matériau est pensé dans un système entier pour faciliter le passage des gaines techniques :

« Le système associe panneaux d’isolant sous-vide, laine de verre pour finir le calepinage de la paroi, structure métallique, pare-vapeur et plaque de plâtre.  »

En construction , le modèle économique appliqué est aussi important que l’impact énergétique calculé. Pour comprendre l’importance de cette rentabilité, il nous faut prendre un exemple :

-« un appartement parisien de 70 m² rue Réaumur a vu sa façade de 9 m de longueur rénovée avec une isolation sous-vide. L’épaisseur du système Isovip a atteint 7 cm, plaque de plâtre  comprise. Soit une perte de surface au sol de 9 x 0,07 = 0,63 m² et une perte de valeur de 6 300 € sur la base d’un prix de 10 000€/m². »

Dans son calcul, Stéphane Poggi compare avec un système classique à base de laine de verre. La perte se monterait à 1,44 m² au sol, soit 14 400 €. Pour l’utilisation de l’isolant sous vide, la réduction de perte de valeur atteint 14 400 – 6 300 = 8 100 €. De plus, la fourniture et la pose de l’isolant sous vide dans ce logement a coûté 5 750 € HT (250 €/m²) pour la paroi isolée + 550 € HT pour les plaques Habito et la peinture, soit 6 300 € HT et un peu moins de 6 500 € TTC.

Notre expert conclue que cette rentabilité et le principal avantage de la faible empreinte au sol du système finance la fourniture et la pose de l’isolation. Isover Saint-Gobain estime que ce système est rentable dès que le prix du m² des logements atteint 4 000 €/m².

Source : batirama.com / Pascal Poggi