300 logements certifiés passifs Plus pour cet été

A Carquefou, en périphérie de Nantes, 600 logements à objectif passif vont sortir de terre, constituant le plus gros ensemble certifié Bâtiment Passif en Europe. Les 300 premières unités seront livrées dès le mois de juin. Retour sur la genèse de ce projet d’envergure.

Panorama du site de la Fleuriaye

Panorama du site de la Fleuriaye

 

Comment imaginer un quartier à impact neutre en énergie et environnement ? La ville de Carquefou (44), en coopération avec Nantes Métropole et la SEM Loire Atlantique Développement – SELA, aménageur en Loire-Atlantique, s’est posé la question en amont de l’extension de l’éco-quartier de la Fleuriaye. Le résultat ? Une équation environnementale, mêlant biodiversité, construction passive et énergie renouvelable.

Historique du projet

Le challenge des villes à la périphérie des métropoles françaises est de rester attractives tout en faisant contrepoids à l’expansion urbaine de ces dernières. Carquefou, ville limitrophe de Nantes, envisage ce défi à la lettre et érige actuellement « un quartier à impact neutre en énergie et environnement » dans le quartier de La Fleuriaye.

Cet éco-quartier fait suite à une expansion commencée à la fin des années 90, et dont la phase d’extension se place à l’ouest de Carquefou. L’enjeu est de conforter le quartier existant comme un véritable bassin de vie, et de le faire évoluer naturellement et durablement, en raison de la proximité du site classé de la rivière Erdre et des marais préservés de l’Etang-Hervé.

La SEM Loire Atlantique Développement – SELA, aménageur du projet, a voulu mettre en valeur dans ce nouveau quartier les 3 dimensions du développement durable tel qu’il l’entend :

  • Dimension sociale
  • Dimension économique
  • Dimension environnementale

Il s’agit de traduire concrètement cette dynamique à plusieurs facettes ; et les 3 acteurs du projet se sont entendus sur un vecteur réunissant ces trois composantes : la construction passive.
Vient alors la phase décisive : comment convaincre de construire passif ?

Convaincre les partenaires

L’idée d’un projet passif germait depuis quelques années au sien du pôle énergie/environnement de la SEM Loire Atlantique Développement – SELA. La première concrétisation de cette envie s’est faite en 2013 grâce au projet du petit collectif de logements sociaux de Clisson, dont tous les objectifs de performance et d’économie sont remplis. Forts de cette expérience, l’équipe de la SEM Loire Atlantique Développement – SELA a pu argumenter en faveur d’un projet passif, qui a été favorablement accueilli par les autres partenaires du projet. En effet, la ville de Carquefou était très ouverte à ce genre de réflexion et la cohésion des acteurs moteurs du projet a fait que les politiques ont rapidement suivi.

Le premier challenge de cet ambitieux projet et inédit en France a été de convaincre le marché immobilier local. L’aménageur a eu le choix entre plusieurs scenarii et, au regard des avantages apportés a opté pour le passif, en raison de sa capacité à s’affranchir d’un système d’air conditionné, très gourmand en énergie.
Des opérateurs immobiliers, promoteurs et bailleurs, étaient d’ores et déjà prêts à s’implanter sur le site. Lorsque que l’objectif passif a été rendu obligatoire par le cahier des charges, ils ont saisi l’occasion de collaborer à une opération d’avenir, tirant leurs objectifs initiaux vers le haut.

Côté entreprises, il a fallu déployer tous les moyens d’optimisation pour concilier :

  1. une grande qualité architecturale
  2. un stationnement à 70% enterré
  3. une maîtrise des coûts

Par ailleurs, l’intégration de l’habitat dans le paysage a été particulièrement soignée, pour renforcer le lien entre le cadre et les nouveaux bâtiments.

Les travaux de l'éco-quartier ont débuté en mai 2015

Les travaux de l’éco-quartier ont débuté en mai 2015

Passif Plus : plus d’économies, plus de confort

L’opération de La Fleuriaye est la plus grande opération de logements certifiés passifs en France. Elle dépasse même le Lodenareal d’Innsbruck en Autriche, pourtant détenteur du titre depuis 2009, devenant ainsi la plus grande opération en Europe.

La construction passive permet d’allier les 3 facettes du développement durable évoquées plus haut en proposant à plus de 1 000 habitants :

  • Une baisse des charges énergétiques
  • Un air plus sain à respirer
  • Une réduction de la surchauffe en été

Les logements seront équipés d’une nouvelle génération de compteurs électriques permettant aux locataires de suivre leurs consommations. Les estimations actuelles sont que pour un logement de 60 m², la facture de chauffage annuelle serait de 100 €.

Aperçu des toitures, composées de panneaux photovoltaïques

Aperçu des toitures, composées de panneaux photovoltaïques

Toutes les toitures exposées au sud seront équipées de panneaux photovoltaïques, et à minima 80% de la consommation électrique du quartier proviendra des ENR. Cela permet à l’opération de prétendre à la classe de labellisation « Bâtiment Passif Plus », en étant quasiment autosuffisant en énergie renouvelable.
D’ici à mi-2017, ce sont 6 000 m² de panneaux photovoltaïques qui seront installés, avec l’objectif d’atteindre une couverture à 100% des consommations totales en énergie primaire tous usages confondus des bâtiments.

Trois programmes se répartissent les 318 logements passifs Plus :

  • Le programme SOLEO – VILOGIA
    110 logements sur deux immeubles, en R+3, répartis entre logements pour jeunes actifs, logements sociaux, logements en accession abordable et accession libre.
Aperçu du programme Soleo - Vilogia

Aperçu du programme Soleo – Vilogia

 

  • Programme TEMPO – BOUYGUES IMMO
    140 logements répartis en 8 petits immeubles sur 3 étages. 15 à 20 logements seront en accession libre.
Aperçu du programme Tempo - Bouygues Immo

Aperçu du programme Tempo – Bouygues Immo

 

  • Programme PASSIVE’O – SAMO
  • 68 logements locatifs sociaux uniquement, répartis sur 2 immeubles de 3 étages.

    Aperçu du programme Passive'O - Samo

    Aperçu du programme Passive’O – Samo

La livraison à juin 2016 du programme PASSIVE’O de la SAMO, marque la première étape importante du projet. Et d’ici à mi-2017, ces 318 logements passifs collectifs seront sortis de terre, dont 25% de logements sociaux.

A terme, ce sont 600 logements qui seront réalisés selon ces objectifs passifs et selon des typologies variées : collectifs, logements intermédiaires et logements individuels.

En dehors de l’aspect logement, ce quartier de Carquefou comptait déjà un premier pôle tertiaire de 40 000 m², bâti dans les années 2000.
Avec l’agrandissement du quartier, un nouveau pôle de tertiaires et de services de plus de 10 000 m² va sortir de terre, avec potentiellement des surfaces passives. Les propriétaires réfléchissent activement à la question…

Retrouvez la genèse du projet en vidéo :


Extension ouest du quartier de la Fleuriaye à… par villedecarquefou