Rénovation passive dans Paris : La pré-certification

Nous l’avons vu lors de notre focus sur deux cas de rénovations dans Paris, intervenir en milieu urbain dense engendre souvent son lot de difficultés. Dans ce contexte particulier, la labellisation peut se faire par étapes grâce à la pré-certification dont nous vous présentons ici les avantages.

Le « PRE », pierre angulaire de la pré-certification

S’il est envisageable, le niveau Bâtiment Passif peut parfois être techniquement inatteignable surtout dans des villes historiques telles que Paris, où il faut composer avec la conservation patrimoniale.

Le standard EnerPHit se pose en alternative pour les rénovations d’anciens bâtiments. Celui-ci répond spécifiquement à la question des projets de rénovation, et est une solution qui reste ambitieuse avec la promesse d’une amélioration considérable du confort thermique – tout en respectant l’intégrité de la structure de l’édifice. L’objectif est donc de réduire les besoins en énergie et de garder un rapport coût/efficacité optimal.

La pré-certification peut être envisagée pour l’obtention du label Bâtiment Passif comme du label EnerPHit, mais elle doit s’inscrire dans un concept global mûrement réfléchi pour une rénovation par étapes. Le Plan de Rénovation par Étapes (PRE) en est l’outil de référence. Il prend en compte les interdépendances importantes entre les différentes mesures d’économie d’énergie et permet d’obtenir un résultat final optimal pour un effort raisonnable. Le pré-certificat sera établi une fois que la première étape de travaux est achevée, et certifiée conforme aux spécifications du PRE qui aura été dûment complété et contrôlé en amont.

À noter que l’usage du PRE n’est pas restreint aux projets passifs, et qu’il est aussi un outil pertinent dans le cadre de travaux visant d’autres standards aux niveaux de performances énergétiques différents.

Les avantages de la pré-certification

La pré-certification est loin de n’avoir qu’une valeur symbolique : elle est au contraire un véritable atout dans le processus de rénovation passive.

Coup de pouce pour certaines aides

Dans les grandes villes, la majeure partie des constructions sont des immeubles, segmentés en plusieurs logements. Ce contexte complexifie fortement la rénovation d’un bâtiment au standard passif. En effet, la labellisation Bâtiment Passif ou EnerPHit n’est possible que lorsque la totalité de l’édifice est reprise et rénovée. En cas de labellisation par étapes, la pré-certification peut néanmoins permettre d’enclencher certaines aides, puisqu’elle témoigne d’un engagement dans un processus de certification. Pour savoir si la pré-certification peut vous aider dans une démarche d’accès à certaines aides, rendez-vous sur la plateforme Rénovation Info Service afin d’obtenir la liste des aides possibles dans votre région et de leurs critères spécifiques.

Autre avantage de poids de la pré-certification, l’accompagnement du projet par un expert expérimenté en passif offre la garantie d’une rénovation énergétique ambitieuse et d’un meilleur retour sur investissement.

S’adapter à des plannings en pointillés

Outre les difficultés techniques inhérentes à la rénovation en milieu très urbain, la gestion humaine est  souvent un facteur déterminant qui va fortement contraindre le planning des travaux et rythmer les différentes étapes.

Des pourparlers avec les copropriétaires à la gestion des locataires, la mise à disposition des différents locaux demande du temps, et oblige à intervenir de façon échelonnée. La pré-certification est donc une réponse adaptée puisqu’elle permet de valider le projet étape par étape, tout en apportant la certitude que l’objectif passif est réalisable. C’est aussi un moyen de rassurer les différents financeurs, notamment sur les projets d’envergures.

Les conditions de pré-certification

La pré-certification dans le cadre des rénovations laisse place à une certaine souplesse dans ses modalités d’obtention. Ainsi, à l’issue de la première phase de travaux, si la consommation d’énergie a été réduite de façon significative par rapport à l’état initial, les méthodes de calcul possibles sont les suivantes :

  • La réduction de la consommation d’énergie primaire (EP) ou de la consommation d’énergie primaire renouvelable (Ep-R) est d’au moins 20%.
  • La réduction du besoin de chauffage, ou de la somme du besoin de rafraîchissement et du besoin de déshumidification est d’au moins 20% ou 40 kWh/m²/an. Ici seul le besoin prédominant dans l’état initial (chauffage ou rafraîchissement) est éligible.
  • Dans une copropriété, au moins un bien immobilier a été rénové complètement suivant le PRE.
  • Une nouvelle extension du bâtiment a été construite suivant le PRE.

Condition sine qua none également, un test de recherche de fuites d’air doit avoir été effectué et  le bilan communiqué au pôle labellisation de La Maison Passive, avant de démarrer les travaux de la première phase, afin qu’une analyse puisse prévenir des éventuels écarts par rapport aux critères.

Il est aussi fortement recommandé de documenter suffisamment les étapes ultérieures avant même le démarrage de la première étape de travaux. Ceci permettra d’émettre  un avis complet sur l’ensemble du projet à travers un rapport intermédiaire, qui sera suivi du pré-certificat une fois les travaux achevés.