Une rénovation passive alliant esthétique et performance énergétique

A Montgermont, en périphérie de Rennes, une vieille maison inconfortable et énergivore s’est transformée en une magnifique habitation contemporaine et lumineuse, atteignant le standard EnerPHit.

C’est grâce à la concertation de tous les professionnels que cette rénovation exemplaire a pu voir le jour. Nous vous proposons de découvrir les rouages du projet.

Le miracle de la rénovation

Quand les professionnels s’allient pour un projet, cela produit forcément un résultat exemplaire.

Cette maison de 250 m2,située près de Rennes, a été conçue par l’agence Quinze architecture. Le bureau d’études thermique Hinoki a pris quant à lui à sa charge la mission de conception et conseil pour mener à bien cette réhabilitation dans les meilleures conditions.

Marier l’ancien et le nouveau

Pour respecter les contraintes naturelles et exploiter au mieux l’immensité du terrain, le choix s’est porté sur une extension côté est.

L’agence d’architecture Quinze architecture a choisi un mariage moderne qui intègre les traces de l’architecture originelle de la maison. Pour se faire, les lucarnes sont réutilisées et soulignées par des lames de bois, et l’extension reproduit en plus petit la forme de la maison pré-existante. Pour scinder les deux parties, une verrière a été créée entre les deux volumes. Pour accentuer cette scission, l’agence a eu recours à des matériaux biosourcés, tels que l’habillage en ardoise pour l’ancien volume et l’ossature bois pour la partie neuve.

Isolation biosourcée au service de la rénovation

Pour parfaire l’isolation de l’enveloppe et assurer une rénovation au standard passif Enerphit, les constructeurs ont eu recours à une isolation en sarking (par l’extérieur), réalisée en ouate de cellulose et fibre de bois.

Pour atteindre les performances passives, du triple vitrage habille les menuiseries. De plus, les lucarnes sont agrandies et la charpente est surélevée pour isoler dans les meilleures conditions et intégrer toutes les gaines techniques au sein des combles.

La technicité du passif aussi en rénovation

Ce projet visait une certification EnerPHit, et est actuellement en phase finale de certification par La Maison Passive. Ce label a vu le jour afin de répondre aux exigences et aux contraintes d’un projet de rénovation au niveau passif, souvent davantage élevées que dans le neuf. Plus souple, ce label porte les consommations de chauffage à 20 kWh/m²/an pour cette zone climatique, tout en garantissant des performances énergétiques équivalentes au label neuf.

Pour cet habitat individuel rénové, on obtient effectivement des résultats similaires notables entre l’ensemble des mesures énergétiques et les normes passives imposées dans le neuf ! Cet argument constitue la principale raison pour favoriser la rénovation à défaut de pouvoir construire dans le neuf.

La démarche de certification a permis aux maîtres d’ouvrage de se prendre au jeu et de s’investir. Par ailleurs, sur le coût de la rénovation s’élève à 1 552 €/m2.

De très beaux « scores » techniques

Le besoin de chauffage se chiffre à 17,70 kWh/m2 par an, ce qui est bien en deçà du seuil imposé par le label EnerPHit de 20 kWh/m2.

En terme d’équipements techniques,  on retrouve une VMC double flux Paul (Novus 450) qui tourne en moyenne à 178 m3/h.

Pour la verrière, un verre d’un facteur solaire g de 26% promet d’atteindre un faible pourcentage de 2,1% de surchauffe. De même sur l’ensemble de l’enveloppe, le facteur g est satisfaisant avec 60%. En ce qui concerne la consommation d’énergie primaire non renouvelable, la mission est accomplie avec 93 kWh/m2 par an respectant la norme de 120 du label. Pour ce qui est du test d’étanchéité à l’air le n 50 = 0,81/h respecte le critère en dessous de 1. A noter que ce critère est de 0,6/h en neuf, mais se trouve assoupli en rénovation.

La publication de ce projet dans la base de données des bâtiments passifs ne saurait tarder. L’obtention du label EnerPHit a été vécu par les maîtres d’ouvrage comme une récompense des efforts de tous les intervenants du chantier.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la revue pour construire responsable : Habitat Naturel

Source : Habitat Naturel N°74 p.38, crédits photo Quinze architecture et Joan Casanelles.